J'ai toujours adoré patiner sur le canal Rideau. En février 2019, j'ai remarqué que l'un de mes patins était plus serré que d'habitude. Sans trop y prêter attention, j'étais impatiente d'aller patiner pour la première fois de l'année. Je n'ai pas pu aller bien loin sans devoir m'arrêter. J'ai mis ça sur le compte d'un manque de pratique et de la fatigue accumulée pendant l'année précédente, marquée par un déménagement et un déménagement dans un logement plus petit. Au fil des jours, la fatigue s'est intensifiée et je souffrais d'insomnie. Je me réveillais souvent en sueur, incapable de me rendormir. J'avais malheureusement reporté mes examens médicaux annuels pendant plusieurs années, à cause de nombreuses crises familiales. La fatigue s'était installée si rapidement que je ne pouvais plus prendre une douche sans être très essoufflée, et que je n'arrivais même plus à porter mon sac à main jusqu'à l'ascenseur chaque matin en partant au travail. Je ne dormais plus du tout, l'essoufflement était devenu la norme et ma fatigue, handicapante. Pourtant, je négligeais ma santé et je croyais que mes symptômes étaient liés à la ménopause et que le manque de sommeil était la cause de ma fatigue. Finalement, la situation étant devenue insupportable, j'ai pu consulter rapidement ma formidable médecin de famille, sans rendez-vous. Je lui ai expliqué que j'avais besoin de dormir pour soulager ces symptômes de « ménopause ». À contrecœur, elle m'a prescrit un somnifère pour une courte durée, afin de voir si cela me soulageait. Elle a également fait une ordonnance pour des analyses de sang, mais a insisté pour que je revienne la semaine suivante pour en examiner les résultats. Le somnifère n'a eu aucun effet et je n'ai jamais honoré ce rendez-vous.
Six semaines après avoir ressenti une gêne dans mon patin, un vendredi de fin mars 2019 au travail, je ne pouvais plus faire deux pas sans devoir m'asseoir pour me reposer. Ce n'était pas normal. Je me suis rendue aux urgences de l'Hôpital d'Ottawa, campus Civic, et j'ai passé les trois semaines suivantes à l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa, où l'on m'a diagnostiqué une insuffisance cardiaque. Ma fonction cardiaque était tombée à 10-5/min. J'avais 56 ans.
Aujourd'hui, je suis extrêmement reconnaissante pour de nombreuses choses. Ma fonction cardiaque s'est rétablie grâce aux traitements que j'ai reçus et que je continue de recevoir. Je suis reconnaissante envers tous les professionnels de la santé qui m'ont sauvé la vie et qui continuent de me soigner, de surveiller ma médication et d'améliorer ma qualité de vie. Je suis reconnaissante pour les nombreux programmes et ressources, notamment la réadaptation cardiaque et le programme Femmes@Cœur. Je suis reconnaissante pour toutes les connaissances que j'ai acquises et que je continue d'acquérir sur la santé cardiaque des femmes grâce à l'Alliance canadienne pour la santé cardiaque des femmes.
Aujourd'hui, je me rappelle chaque jour combien il est important de prendre soin de soi pour pouvoir faire ce que nous faisons tous : prendre soin des autres, et je me rappelle que je ne suis pas seul.